Before Birth during life after death, un cercle, et que je laisse en langue anglaise.
L'important n'étant par la traduction exacte de ces mots,
mais leur perception et ce qu'ils suggèrent en nous.
Dans leur suggestion, ces mots
pourraient définir simplement ce que peut être une N.D.E
ou "near death experience" ou état de mort imminente, de
l'état extrême qui permet peut-être de s'approcher de la mort, sans
être cependant emporté par elle. Le terme de "near death
experience" étant plus adéquat dans sa définition
(prés)-(mort)-(expérience), et ces trois mots se
bouclent pour exprimer l'essentiel
Par choix et
étant-donné l'exploitation, voir le charlatanisme spirituel
qui entoure cette expérience, j'ai omis tout écrit et
recherche concernant cette expérience, ne laissant parler que
mon art et que je pus visuellement exprimer de cette
expérience.
Il y a de cela, quelques années,
je vécus une "near death experience" et en dépit de mon
état physique, j'éprouvai alors un désir intense et
au-delà de tout, de revenir chez moi, et exprimer
visuellement ce monde de "derrière la paroi" si
le terme peut suggérer aussi, ces traces de mains des
peuples premiers et que l'on retrouve dans les grottes
rupestres mais aussi chez d'autres peuplades primitives sur
la planète entière et je pense aussi aux signes de la
spirale et qui apparaît ici comme un leitmotiv de nos
origines en tant qu'être humains et universels, comme liés
par un grand chaînon.
Je pense que la
caractéristique dominante de la "near death experience"
renvoie nécessairement à l'anthropologie, à la recherche
de nos origines.
Aussi parler d'une "near death
experience" ouvre des pages et des horizons infinis et
je n'ai pas la prétention, ici, de désirer la clore dans
un projet, ce qui serait un sacrilège.
J'ai réalisé ce projet en tant
qu'artiste, par défi sur le passé et combien, mon
témoignage fut occulté, voir nié et je dirai, censuré.
Lorsque je pus émerger d'un profond coma et que l'on put me
détacher des appareils, la société m'enferma dans un
"Bloc", nommé hôpital et l'on m'imposa des neuroleptiques
afin de banaliser ces visions. Je n'étais cependant pas
angoissée lorsque je sortis de ce coma, j'étais surtout
dans la terreur des visions et que j'estime toujours autant,
puissantes, car en dépit de leurs
forces ténébreuses et refusées par une esthétique et un
idéal judéo-chrétien, ces visions étaient
impressionnantes et belles dans leur terreur. J'éprouvais
un désir immense de revenir chez moi et réaliser mon
"carnet de voyages" comme motivée par une
vitalité inexplicable que mon entourage se refusait à
accepter .... Dans ce projet,
j'ai tenté capter ces visions et que j'eus à cette époque
à-travers la technique des images-digitales et j'ai appelé
cette série "KHORPSE". Ces images peuvent
paraître obsessionnelles, peut-être même ennuyeuses pour
certains mais qu'importe le jugement, j'ai seulement tenté
réaliser ce que je vécus et plus soucieuse de
l'authenticité des impressions éprouvées ... Aussi j'ai
été amenée à changer mes méthodes de travail, et à ne
pas me juger quant à la technique de ces images. Je dirais
que j'ai expérimenté et tenté retrouver les émotions de
l'époque, sans tenir compte d'aucun public. Ces émotions
restent intègres malgré le temps et son éloignement.
Aussi, j'estime que de telles visions ont un secret terrible
pour s'imposer à ce point, rester ineffaçables, et ceci
malgré l'obscurantisme social, la censure et la peur de la
mort, la peur du corps, la peur de la vie, la peur de
s'écarter des berges ou "garde-fous" et qui nous limitent à chaque instant de notre quotidien.
J'avancerai cette opinion que
l'obscurantisme social et "l'ordinarité" imposée
à nos vies sont à
eux seuls, des terreurs mais d'un autre goût et celui-là,
fade et "hors-vie" ou monstrueux. Mais nous
fûmes ainsi éduqués pour nous résigner, et considérer la
tyrannie, comme "normale" .
J'ai finalement choisi ce titre
"KHORPSE",
plutôt que Ereb ou autre, et ce choix s'imposa à la
fin du travail, car la dimension corporelle lors d'une
"N.D.E" prend une intensité féroce, que la
plupart des "expérienceurs" oublient de mentionner comme si
parler de la souffrance corporelle était honteux et
d'avantage dans certains témoignages récupérateurs de
type "mystico-chrétien-folklo-spirituel". Outre la
souffrance extrême de tout le corps, les capacités
extra-sensorielles permettent de déceler les moindres
détails fixes des lieux, de les zoomer, de ressentir épidermiquement leur texture et de les
pénétrer même. De
ressentir les effets de lumières, de clair-obscur, de flashes blancs et noirs voir comme des sensations
douloureuses de déchirures et d'aspirations.
Lorsque j'ai commencé à travailler ma
série de collages, ce fut ici aussi dans ce sens, que je
travaillai. Voir cette série dans la partie du site
intitulée "Basement"
Je serais amenée à penser que
quelques jours dans un coma avec "n.d.e", peuvent
avoir l'intensité de toute une vie, et offrir des
expériences où les sens s'épanouissent jusqu'aux extrêmes. Aussi, l'on se sent alors
très vieux et âgé,
voir défait des normes sociales, lorsqu'on survit à une
telle expérience douloureuse et extrême et ... la
vie telle qu'elle fut injectée avec ses oripeaux de
normalité codée depuis notre naissance, s'avère ici, être
fausse et perfide.
Un telle
expérience amène souvent à se poser des questions sur notre
vie.
Parler de "N.D.Es"
négatives et positives trahit pour ma part, une morale
profondément chrétienne et taboue sur ladite beauté et
Eden. Il semble que le citoyen humain ne se lasse pas de
juger et s'obstiner à découvrir la vérité spirituelle où
elle n'est forcément pas.
Mon
expérience de "N.D.E" fut simplement athée car je
n'eus aucune éducation religieuse durant mon enfance. Est
elle donc négative pour cette cause?
Dans cet esprit,
j'ai désiré
partager par écrit, une des terreurs que je vécus alors et
qui concerne le "Black
Dog" et je remercie Bob
Trubshaw pour m'avoir laissé publier ses deux études: "Black
dogs in folklore", "Black dogs of the corpse ways",
de même, j'ai laissé des liens concernant cette
terreur canine du profond lointain mythologique et quelques
unes de mes créations visuelles
concernant cet
abominable chien de la mort.
Bref, je dirais que vivre une
"near death experience" dans ce modèle social, ne
peut être ici que négatif à cause justement de l'accueil hostile et
rejetant, sans omettre la brutalité physique et morale
imposée au corps humain durant un coma.
|
En désirant
réaliser ces visions, ce sont aussi des coups portés au
corps physique et qui ont resurgi. Dans les urgences de
réanimation, le corps n'est qu'une
machine pour la médecine, un rouage qu'il faut faire
revivre et sans respect de l'humain intérieur et qui souffre ... Aussi, j'ai
choisi ces deux écrits de José Galdo, issus de son livre
"LUTTE VULVA" (BUNKER-PRESS) et qui expriment bien
cette douleur arrachée et au-delà. "DIT
LIT LIMBE",
"TrANCHES
DANS LE PILON DU CORPS".
Aussi dans notre monde et sa façon
de voir, s'élever consiste à consommer, écraser et dominer,
brutaliser ... ce qui
serait ici positif dans nos valeurs, en contraste avec cette
pensée profonde du chaman Hôte-Cerf: "Plus le puits
est profond, plus il est élevé"...
Pour ma
part, et pour parodier les folklores "New-Age", de
toute la mécanique spirituelle tout azimut, ceux
qui récupèrent les témoignages "N.D.E" dont la
recherche ne consiste qu'à se sécuriser vis à vis d'une
mort certaine, avec toute leurs sagas idéalistes et stériles,
moyens de récupérer un monde déchu dans un soi-disant
"chaos" qui sert bien l'idéal purificateur des
sectes, je
dirai aussi que trop de lumière éteint et que
l'idéalisme d'un "meilleur des mondes" n'est
encore que l'écho d'un autre obscurantisme.
En langage imagé, je dirais que la
conséquence d'une "near death experience", amènerait à
faire tourner les aiguilles de l'horloge, dans le sens
opposé, que le début deviendrait ici, la fin ... et que tout ce qui se désira ici-bas,
"organisé", prend alors l'attitude du chaos et du
mensonge ou de l'artifice, toutes religions comprises ici.
Motivée par la peur de la mort, la société a
construit des berges, des remparts et des gardes-fous afin
de se leurrer, ce qui peut apparaître ici dément et
absurde lorsqu'on revient de l'autre côté.
Le monde,
la vie n'auraient alors aucun sens sinon celui qu'on veut
bien leur donner pour réussir à survivre, rien de tels que
les subterfuges dans un carnaval de morts-vivants.
L'on pourrait aussi se dire que
ce
subterfuge de notre "soi-disante" vie, est un passage mort,
peut-être anodin dans l'univers pour mourir et renaître
plus-tard.
Dans certaines cultures, la mort est festoyée.
Qu'en savons
nous
De notre
vie?
Plutôt que
cette question de Socrate: "Etes vous heureux?",
j'aimerais plutôt vous poser cette question: "Vivez
vous?"
Aussi, je rappelle ces mots vrais
d'Antonin Artaud: "Nous n'avons pas commencé
d'exister" et qui sont une réelle sensation
"flashe", éprouvée après une telle expérience.
En
tant qu'artiste, c'est plutôt
à-travers l'art que j'ai désiré exprimer cette
expérience, autant par ces images digitales nommées
"KHORPSE"
que par ces "AKTIONS-MASKS"
comme
je les appelle et que j'ai réalisés depuis quelques
années et dans cet esprit .... En collant mon visage sur une photocopieuse,
j'ai désiré ici, exprimer la souffrance, et l'approche
mort, et qui pourraient se rapprocher aussi de l'approche vie,
avant la délivrance. Aussi, cet art m'est une
recherche concernant ce que le bon-entendement social nous
cache.
Ce travail est plus ancien et
commença avec la production des collages qu'on peut voir
sur le site, dans "Basement".
et qui se poursuit dans les
collages-digitaux, voir Metamorphusis-book
et autres,
et donc ces récents collages intitulés "KHORPSES"
Je pense que
l'attitude de tout artiste et d'avantage dans notre monde
contemporain, ne peut pas se limiter qu'à une vaine
recherche d'un style pour pouvoir ainsi, entrer au
cénacle des officieux, mais plutôt, a à remettre en cause
nos systèmes de valeurs et appuyer à cet endroit de la
civilisation "soporifiée", à cet endroit là, où
ça fait mal, bref là où ça vit encore un peu.
La mort
n'étant pas un sommeil et je rejoins ici l'attitude d'Arnulf
Rainer.
De ce bouleversement que créa
cette expérience de proche mort, je fus amenée à
ressentir d'avantage le travail de certains artistes, et
parmi tant d'autres, j'ai ici seulement présenté dans
"3ARTISTS",
Arnulf Rainer, Gottfried
Helnwein, Rudolf
Schwarzkogler.
Aussi en présentant leur travail, je
conçois que mon expérience a influencé ma sensibilité
vis à vis de leur recherche. J'aurais désiré présenter
d'autres artistes, mais par faute de temps, j'ai noté
quelques liens sur d'autres artistes et qui m'ont alors
de-même influencé ou pour certains amusé, voir Art-Sites.
De-même Music-sites,
un interview sur le BUTOH
avec Robert Jarrell,
et ses photos, un écrit de Théo
Lesoualc'h,
"TERRE ET CHAIR L'ESPACE DU JAPON",
avec
certains liens sur le Butoh
et de même ces deux
écrits intenses de José Galdo, tirés de son livre "LUTTE
VULVA", une autre expérience de "n.d.e"
à-travers une écriture écorchée.
je considère ce projet incomplet
et inachevé, aussi, j'ai à me résigner que fouiller une
telle expérience, ne peut être qu'incomplète. Il peut
être compréhensible que je ne sois pas satisfaite de mon
travail visuel, car s'il offre un aspect de cette
expérience, j'admets me ressentir techniquement impuissante
quant à vraiment l'exprimer ce qui fut et qui pourtant
continue de me hanter et m'interpeller dans la vie.
Il m'arrive parfois d'attendre
cette mort, avec une certaine lucidité teintée de crainte
et de curiosité pour
aller plus loin que ce que j'ai pu alors éprouver à cette
époque. Aussi, le travail ne sera jamais terminé.
Dans ce projet, j'aimerais
remercier les personnes qui ont accepté d'y contribuer.
Je
remercie aussi, Jean-Pierre Espil
pour son puissant "Rituel-Rune" et
que j'ai placé, unique et seul en son genre Je remercie aussi Claude, pour son
aide technique.
A tous,
je souhaite le plaisir
d'une découverte au-fil de ces pages, écrits et images.
un partage
...
Françoise Duvivier Paris Avril/Mai 2004
|